Connu au Japon sous le nom de
Gaia Gensouki, et sous celui de
Illusion of Gaia aux États-Unis, cet Action-RPG sur Super Nintendo est malheureusement assez peu connu de nos jours, par
rapport à certaines grosses pointures de l'époques.
Synopsis
Alors que le passage d'une comète menace la Terre, Paul, seul survivant d'une expédition menée par son père, entame un long périple pour récupérer les statues héxades et sauver le monde.
Si les scénario paraît de prime abord d'une banalité affligeante, c'est tout simplement qu'il l'est. Et pour ne pas arranger les choses, il est généralement conté d'une manière plutôt confuse, au
point qu'il est fréquent de douter du but exact de notre quête (si ce n'est "sauver le monde en récupérant les statues hexades").
Mais ici, ce ne sera pas l'histoire de fond qui constituera l'âme du jeu, c'est bien plus l'aventure humaines qui en découle, la vie, le progrès (et parfois la mort) des personnages principaux qui
donnent une profondeur à ce jeu.
Gameplay
Le jeu en lui même se déroule en deux phases. Les phases d'explorations dans les villages, et les donjons.

Les phases d'explorations ne sont pas à négliger. Vous passerez pas mal de temps à
faire le tour d'une ville, à rencontrer de nouveau personnages. C'est ici qu'ont lieu les scènes les plus poignantes. Car contrairement à un Zelda, où un village se résume à quelques habitants
interchangeables et deux vendeurs, les lieux que vous explorez offrent une certaines "profondeur". La belle cité où il pleut (littéralement) des pétales de roses se révèle être, si vous visitez les
bas-quartier, une société exclavagiste où ont lieu les pires traffiques. Ailleurs, c'est la nuit, dans un village que vous pensiez paisibles que se déroulent des paris insensés sur des vies
humaines.
C'est cela qui dérange le plus dans ce jeu. Il n'y a pas vraiment de "gentils" ni de "méchants". Amour paternel égoïste, appât du gain, toute personne se dressant sur votre chemin le fera pour une
raison données (qui peut, certes, être plus ou moins louable). Même Samuel le bijoutier, un personnage que vous adorerez étant donné tout ce que vous obtiendrez de lui, se révelera en fin de compte
[trouvez les 50 rubis de feu cachés dans le jeu pour connaitre la suite].
Ce qui choque aussi, c'est la "linéarité" du jeu. Une fois arrivé à un endroit, vous ne pourrez pas revenir en arrière. Il semble à mon avis que c'est un choix délibéré, qui force une plus grande
immersion dans le quotidien des personnages. (avouez-le, prendre le temps de revisiter le monde et faire un élevage de chocobos quand la fin du monde est pour dans 3 jours, ça casse tout). Car ici,
du fait de la linéarité du jeu, celui-ci prend plutôt la tournure d'une histoire interactive. Les personnage ne sont pas là pour faire joli ou pour vous aider à vous battre (de toute façon, j'y
viendrai plus tard, seul Paul se bat). Ils VIVENT leur vie, tout simplement. Ils suivent votre aventure pour des raisons qui leurs sont propres, tombent malades, disparaissent ou décident même de
ne pas vous accompagner plus loin dans votre quête.
Tout ceci donne lieu à des scènes plutôt marquantes que certains d'entre vous reconnaitront :
-Le sacrifice d'Hamlet lorsque les villageois affamé allaient se livrer au cannibalisme
-La dérive sur le radeau (ou comment apprendre la vie à une princesse casse-bonbon)
-La disparition puis la réapparition de Jonas, avalé par Mobby
-Luc qui tombe amoureux de Lili
-Les parents de Nico
-Le combat contre Nosfe et Ratu, avec le compte à rebours
-plus la foule de lieux que l'on traverse, comme Mû et ses statues, Freesia et la queue du magasin, la grotte des Séraphins, etc...
(hop-là, un bon spoil dans la gueule).
Bon, pour que le jeu ne se résume pas à une histoire interactive, fallait bien rajouter :
Les donjons.

Le principe est simple, vous explorez un donjon à la Zelda (avec des énigmes un
peu moins coriaces, quand même), sauf que les ennemis sont un peu plus coriaces. Heureusement, vous pouvez, dans les sanctuaires de Gaïa, vous transformer en Chrysaor, guerrier fier et puissant (et
qui a une grosse lame). En plus, si vous battez tous ennemis d'une zone, vous gagnez une augmentation de vos compétences (PV, force ou défense). Et vous apprenez des techniques supplémentaires qui
non seulement vous aident en combat (la glissade, ou comment un gamin qui se bat avec une flute maitrise l'attaque la plus utile du jeu), mais en plus sont indispensable pour résoudre les énigmes,
parfois assez ...chiantes. (à ce propos Mû = temple de l'eau).
Vous disposez d'un (petit) inventaire qui vous sert principalement à stocker vos objets de quêtes (mélodies, mécanismes) et de l'herbe (qui sert à se soigner). Vous trouverez également des perles
de feu à collecter, qui vous permettent d'obtenir différents bonus auprès de Samuel (que vous devrez débusquer à chacune de vos escales). Attention, étant donné l'impossibilité de revenir en
arrière, la collecte des 50 perles est très, très, très difficile.
En résumé, Illusion of Time est de ces jeux auxquels il faut avoir joué au moins une fois, ne serait-ce que pour vivre cette magnifique aventure humaine, pour découvrir tous ces lieux et ambiances
qui vous marquerons durablement, même si la trame principale est quelque peu confuse, et les donjons un peu répétitifs.
En haut : Chrisaor et Liquefia, deux formes alternatives que vous emprunterez pour exploser vos ennemis.
En bas : Paul, notre héros. Flora, la princesse gatée casse-pied (ça va lui faire du bien de crever de faim sur un radeau). Et Hamlet, le cochon de compagnie de Flora, qui connaitra une
triste fin.
Pour plus d'information, je ne peux que vous recommander
ce très bon site